Placecondorcet.fr a posé trois questions aux candidats malheureux du premier tour des législatives. Une dernière occasion de défendre leurs idées et de donner ou non une consigne pour le second tour. Le premier à nous avoir répondu est Mannone Cadoret….Sans concession avec les finalistes. A n’en pas douter, nous retrouverons plus tard ces jeunes candidats déterminés et inventifs.
Retrouvez aussi ses réponses au Quizz du premier tour.
Placecondorcet.fr : Quelle est votre lecture des résultats du premier tour ?
Mannone Cadoret : Je suis très satisfait de voir que 410 habitants de notre circonscription ont fait le choix de nous faire confiance pour cette première candidature. Ce résultat est très encourageant pour la suite. Il montre qu’un mouvement citoyen, issu de l’associatif est possible sur notre secteur malgré la difficulté que cela présente. Nous sommes extrêmement satisfait de cette victoire, nous partons de zéro et nous arrivons à 410 voix. Nous remercions toutes celles et ceux qui nous ont fait confiance.Concernant les autres partis, le résultat de Patrick Devedjian n’est pas étonnant tant il a verrouillé la circonscription à son avantage. Le noyautage du monde associatif lui offre des voix d’intérêt. Le système de « un logement ou un emploi contre une voix » doit s’arrêter. Concernant le score de Julien Landfried, il n’est pas surprenant mais d’après moi, un député doit être le lien entre le local et le national; je m’interroge donc sur un potentiel député qui n’est pas d’ici, je m’interroge sur sa légitimité.
Concernant les autres partis, le résultat de Patrick Devedjian n’est pas étonnant tant il a verrouillé la circonscription à son avantage. Le noyautage du monde associatif lui offre des voix d’intérêt. Le système de « un logement ou un emploi contre une voix » doit s’arrêter.
Placecondorcet.fr : Donnez-vous une consigne de vote ?
Mannone Cadoret : Je ne donnerai aucune consigne de vote et n’aiderai aucun parti à conquérir ne serait ce qu’une seule voix. Pour ma part, je voterai blanc. Ce n’est ni la peine de m’inviter à diner, ni la peine de me proposer le remboursement de ma campagne, je les laisse s’arranger entre eux, ils le font déjà très bien sans nous.
Concernant le score de Julien Landfried, il n’est pas surprenant mais d’après moi, un député doit être le lien entre le local et le national;
Placecondorcet.fr : Que diriez vous au député qui sera élu ?
Mannone Cadoret : Au député élu je dirai qu’il a face à lui 410 citoyens qui ont choisit à travers ma candidature, de donner du poids au Mouvement Emergence; et que nous gardons un œil sur lui, sur ses actions. Qu’il sache que nous restons présent, que nous nous représenterons face à lui et que nous gagnerons.
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La diversité contre l’égalité de Walter Benn Michaels
Présentation de l’éditeur
A la télévision comme dans les entreprises, au Parti socialiste comme à l’Elysée, à Sciences Po comme à l’armée résonne un nouveau mot d’ordre: Vive la diversité ! Avec l’élection de Barack Obama, le bruissement s’est changé en clameur. Désormais, chacun devrait se mobiliser pour que les femmes et les « minorités visibles » occupent la place qui Leur revient au sein des élites. Mais une société dont les classes dirigeantes reflètent la diversité a-t-elle vraiment progressé sur le chemin de la justice sociale ? A cette question jamais posée, Walter Benn Michaels répond par la négative. La promotion incessante de la diversité et la célébration des » identités culturelles » permettent au mieux, selon lui, de diversifier la couleur de peau et le sexe des maîtres. Sans remettre en cause la domination qui traverse toutes les autres : celle des riches sur les pauvres. A l’aide d’exemples tirés de la littérature, de l’histoire et de l’actualité, ce livre montre comment la question sociale se trouve désamorcée lorsqu’elle est reformulée en termes ethnico-culturels. Plus fondamentalement, il s’interroge sur l’objectif d’une politique de gauche: s’agit-il de répartir les inégalités sans discrimination d’origine et de sexe, ou de les supprimer ?
C’est un beau et fondamental débat. Relire la question sociale à l’aune de la question ethnico-culturelle est un piège. Un autre piège est la délégation de pouvoir: il faut que les citoyens dans leur diversité ne trouvent pas, pour les représenter, que des députés formatés. La réalité est là: la ghettoïsation sociale se double, souvent mais pas systématiquement, d’une ghettoïsation ethnico-culturelle. En revanche si vous parlez multiculturalisme ou identité commune, je suis convaincu que nous vivons, avec des aléas, une crise d’identité nationale depuis quelques décennies, mais pas l’identité nationale comme la pensait feu Besson ! Devant une crise qui se traduit par une repli sur soi, un rejet de l’autre, une perte des valeurs de référence partagées, il faut revenir au socle hérité de la Révolution française et de la Résistance sur lequel on a reconstruit la société française au sortir de la 2e Guerre mondiale. Cela passe, nécessairement, par la mise au second plan des autres appartenances, mais sans les nier. Cela implique par là même de redonner à la question sociale sa centralité.
Puisque vous citez les bons auteurs, c’est sur cette hiérarchie des appartenances, contre sa vision multiculturaliste, que je me sépare de mon ami Michel Wieviorka.
bon(s) point(s). Quelque part, la France est bloquée par sa Dévise qui est restée Révolutionnaire au sens de l’Esprit des Lumières.
Si les majuscules sont ici choisies, c’est qu’on a choisi l’Egalité comme principe fondateur, alors qu’il serait surement plus flexible, plus construcif, et plus réaliste, bref socialement plus « rentable », de viter un objectif d’Equité.
Reprenez-vous, je vous en prie. Je suis sûr que vous êtes capable de faire un message qui parle du fond, sans haine ni mépris, sans a priori ni bassesse.
Bonjour Mohamed, merci pour votre message.
Je suis persuadé que le député doit faire le lien entre le local et le national, c’est la raison pour laquelle on peut plus facilement il me semble le rencontrer lors de permanences, la raison pour laquelle on trouve ses photos sur tous les panneaux municipaux… il a évidement une véritable dimension nationale mais le relais qu »il peut effectuer entre le terrain, les citoyens de la circo et le national me semble important.
C’est ce que j’attends du rôle du député et c’est ce que nous proposions en tant que candidats du Mouvement Emergence.
Bien cordialement.
Mannone.
http://www.mannonecadoret.com
http://www.mouvement-emergence.com
Je tiens à féliciter le candidat pour son résultat, qui est, c’est vrai, un bon résultat du fait qu’il s’agisse de la première candidature.
Je souhaiterai par contre exprimer un désaccord concernant sa vision du député : « un député doit être le lien entre le local et le national ». En France, le député n’est pas un représentant de sa circonscription mais un représentant de la République, on parle de député de la République et non d’un député des Hautes-Seine par exemple (en tout cas, c’est la définition officielle du député).
La représentation des collectivités territoriales est désormais l’attribut du sénateur (loi constitutionnelle de 2003), et est le seul qui dans les textes puisse s’en prévaloir. Le député possède donc avant tout une dimension nationale même si dans les faits les candidats jouent avec la dimension locale.
Cher Manone Cadoret,
Si, avec les idées que vous portez vous ne vous reconnaissez pas dans le parti socialiste, c’est que le parti socialiste n’a pas su vous entendre ni vous convaincre qu’il porte vos espérances. Il doit surtout montrer qu’il associe des gens comme vous plutôt que de simplement les représenter. Le vote massif pour François Hollande dans les banlieues et la place données à des candidats dits « de la diversité » sont des signes importants, des deux côtés. J’espère qu’ils se confirmeront tout au long de la législature. Je suis confiant mais vigilant.
Sinon évitons la langue de bois: votre résultat n’est pas bon. Mais votre combat est juste et vous exprimez à l’évidence une sensibilité qui existe. A tous de relever le défi.
Apparemment, il y a trois N à Mannone. Pas sûr que cela vous aide à récupérer sa voix.
Si vous voulez des candidats de la « diversité », votez pour le couple arménien/italien.
Monsieur Peschanski: je laisse la langue de bois au PS et autres individus carriéristes qui vendent du rêve au citoyens.
J’estime que mon résultat est bon: c’est une première élection, avec un budget réduit, avec une petite équipe ( soudée mais peu nombreuse).
J’éviterai de rentrer dans le détail de Votre résultat…
Ce que j’ai appris du PS c’est que vous faites de la politique de racolage, de décoration. Je ne parle pas de vous directement mais de votre parti.
Le Mouvement Emergence est un mouvement citoyen mais n’est pas un mouvement de « banlieue » ou « de la diversité » c’est extrêmement condescendant et réducteur de nous voir comme ça; à l’image de ce que je pense du PS. Bravo!
En effet nous pensons également que le combat pour plus de justice sociale, plus d’égalité, plus de solidarité est juste. Je ne trouve pas la réponse de ces attentes dans le nouveau gouvernement.
Je reste moi même vigilant mais ne niez pas la réalité, Hollande n’a pas gagné, c’est Sarkozy qui a perdu.