La vérité sur le PLU par Paul Deheuvels, Lettre ouverte au Maire de Bourg-la-Reine

Cher Monsieur Chevreau,

Vous avez fait parvenir aux habitants de Bourg-la-Reine un libelle intitulé « La vérité sur le PLU ». J’ai le regret de vous dire qu’à mon humble avis, ce texte n’est pas à la hauteur d’une personnalité comme la vôtre, et je m’étonne même que vous l’ayez signé.

J’ai le regret de vous dire qu’à mon humble avis, ce texte n’est pas à la hauteur d’une personnalité comme la vôtre,

Vous remplissez cette lettre de lieux communs, ne serait-ce qu’en affirmant que « le PLU est une chance pour notre ville » et, plus loin qu’il « assure l’avenir de notre ville, permet de préserver les quartiers pavillonnaires, etc. » J’affirme exactement le contraire de tout ce que vous dites, preuves à l’appui, et je vous mets au défi, par exemple, de m’expliquer en quoi Bourg-la-Reine pourrait bénéficier de l’accroissement massif, dans toutes les zones de la ville, des droits à la construction découlant du PLU, et aussi, en quoi la densification de la zone pavillonnaire serait de nature à préserver cette même zone. Par ailleurs, le vocabulaire que vous utilisez me semble inapproprié. J’ai entendu de nombreux politiques employer l’expression « une chance pour … » dans d’autres contextes. Lorsque je vous entends utiliser les mêmes termes pour le PLU, je reste perplexe. A mon avis, de telles questions ne devraient pas être associées, et je récuse l’emploi de locutions aussi subliminales pour défendre un projet aussi calamiteux que celui du PLU. Il faut s’abstenir d’utiliser des slogans, surtout aussi inadaptés, et regarder les faits.

Lorsque vous dites que faire voter le projet, en l’absence de l’opposition municipale, lors d’un conseil extraordinaire convoqué à 19h00 le vendredi 29 juin, veille des vacances de juillet, n’est pas un « passage en force », tout est une question de vocabulaire.

Lorsque vous dites que faire voter le projet, en l’absence de l’opposition municipale, lors d’un conseil extraordinaire convoqué à 19h00 le vendredi 29 juin, veille des vacances de juillet, n’est pas un « passage en force », tout est une question de vocabulaire. Vous auriez pu, par exemple, convoquer ce conseil le 14 juillet ou le 15 août à minuit, et cela aurait été, tout autant, inhabituel. Est-ce pour autant un « passage en force » ? Ne s’agira-t-il pas pourtant d’un vote unanime et bloqué ? Quelle est votre définition de « passage en force » ?

Je trouve aussi fort intéressant de vous voir affirmer haut et fort qu’il est « hors de question d’exproprier les habitants du centre-ville». Je suis ravi de vous voir prendre cet engagement solennel. Cela veut donc dire que vous renoncez définitivement aux opérations de « démolition-reconstruction » dont le contenu est détaillé dans le Chapitre 3, §2.2 du PLU. Pourtant, je ne vois pas comment vous pourriez réaliser ces opérations sans expulser tout ou partie des habitants et commerçants habitant le secteur du « Projet Centre Ville » détaillé dans le PLU. D’autre part, je ne vois pas non plus comment vous pourriez appeler votre majorité municipale à voter le même PLU, tout en affirmant qu’une de ses composantes majeure ne pourra pas être mise en œuvre. Je considérerais, personnellement, que le renoncement de votre municipalité à ce « projet centre ville » serait un pas important vers un aménagement du PLU qui pourrait le rendre acceptable. La route est encore longue, mais je salue cette avancée. Je garderai précieusement votre lettre pour la brandir le jour où les expropriations viendront. On ne sait jamais ! En passant, quid des commerçants du centre-ville ? Seront-ils expropriés ? D’ailleurs, est-ce bien là la « vérité sur le PLU » ? Je me pose bien des questions, et vous voudrez bien me pardonner mes doutes, sur la sincérité de vos propos.

Je considérerais, personnellement, que le renoncement de votre municipalité à ce « projet centre ville » serait un pas important vers un aménagement du PLU qui pourrait le rendre acceptable.

Je ne comprends pas comment vous pourriez « augmenter les espaces verts » dans la ville, tout en faisant croître, en parallèle, les surfaces construites. Il doit y avoir un « truc », car cela semble matériellement impossible. En lisant bien le projet de PLU, j’ai pu constater qu’on y appelait « espaces verts » des dalles recouvertes de 60 cm de terre arable, et qu’on y autorisait (ce qui est interdit dans le POS) les « terrasses végétalisées ». Serait-ce donc cela votre remède miracle : construire de nouveaux espaces verts sur les toits ?

Votre lettre est tellement surréaliste que j’ai cru, un moment, qu’il s’agissait d’un pastiche. Vous vous vantez de « protéger » 8,7 hectares d’espaces verts. Ce n’est pas 8,7 hectares, mais au moins 20 hectares, qui correspondent à la demande qui vous a été adressée en préambule à vos études d’un P.L.U.,

Votre lettre est tellement surréaliste que j’ai cru, un moment, qu’il s’agissait d’un pastiche. Vous vous vantez de « protéger » 8,7 hectares d’espaces verts. Ce n’est pas 8,7 hectares, mais au moins 20 hectares, qui correspondent à la demande qui vous a été adressée en préambule à vos études du P.L.U., qu’il faut prendre en compte, et qui correspondent à la pleine terre de la zone pavillonnaire. Lorsque vous concluez sur l’avenir de Bourg-la-Reine par le slogan « racines et modernité », je pense, malheureusement qu’il ne s’agit pas des racines d’arbres, et je ne puis m’empêcher de penser à tous ceux qui ont été abattus par simple décision municipale. Bien entendu, je présume que vous n’y êtes pour rien.

Lorsque vous concluez sur l’avenir de Bourg-la-Reine par le slogan « racines et modernité », je pense, malheureusement qu’il ne s’agit pas des racines d’arbres, et je ne puis m’empêcher de penser à tous ceux qui ont été abattus par simple décision municipale.

C’est comme le séquoia qui a été tronçonné fin juillet, avant les vacances du mois d’août. Tout rapprochement avec la date du conseil municipal du 29 juin est mal venue, mais cette tendance que vous avez à prendre des décisions qui fâchent au moment où les habitants s’en vont est, quand même, curieuse pour un Maire de votre calibre. Pour ce qui est de la modernité, il en faut, certes, mais pas au point de raser les maisons anciennes (les relais de poste, la prison Condorcet, les belles villas patrimoniales que vous savez, sans omettre l’immeuble abritant l’ancien appartement de Léon Bloy, promis à la destruction…). J’ai l’impression que cette inspiration pourrait être mise en parallèle avec celle de Jean-François Hippolyte Lecomte, bien connu pour avoir fait démolir le château de Sceaux en 1804. Voici encore un grand adepte de la modernité, qui transforma le parc magnifique du château en terres agricoles. Il voulait, certainement, lui aussi, préserver les « espaces verts ». On voit ce qu’ils sont devenus actuellement.

J’ai l’impression que cette inspiration pourrait être mise en parallèle avec celle de Jean-François Hippolyte Lecomte, bien connu pour avoir fait démolir le château de Sceaux en 1804.

 Trêve de plaisanterie, je ne trouve pas votre lettre cohérente non plus lorsque vous dites qu’une de vos priorités et celle de l’aménagement du centre-ville, en proposant un « vrai cœur de ville attendu de tous ». Cela aussi est en contradiction avec le reste. Pour ce qui est de la « dynamisation du commerce de proximité », chacun a pu voir l’expulsion du magasin d’électricité dans la ZAC de la Bièvre, et ce n’était pas joli-joli. Qui sera le suivant sur la liste ? Opticien, pharmacien, boulanger, fromager, marchand de fruits et légumes, ou cafetier ? En fait le cœur de ville existe déjà, et il semble bien que l’avis quasiment unanime des habitants de la ville soit qu’il vaudrait mieux ne pas y toucher.

En conclusion, j’attends toujours la « vérité sur le PLU », à savoir, comment un projet aussi calamiteux peut-il être encore défendu contre vents et marées par votre municipalité, alors que 90% des habitants de la ville n’en veulent absolument pas. Vous pouvez très bien ne pas me croire, alors, faites donc un referendum, et vous verrez bien ce qu’il en adviendra.

En conclusion, j’attends toujours la « vérité sur le PLU », à savoir, comment un projet aussi calamiteux peut-il être encore défendu contre vents et marées par votre municipalité, alors que 90% des habitants de la ville n’en veulent absolument pas. Vous pouvez très bien ne pas me croire, alors, faites donc un referendum, et vous verrez bien ce qu’il en adviendra. En attendant, vous auriez tort de vous obstiner dans des contradictions et contre-vérités qui me surprennent, venant de vous. La logique de tout ceci m’échappe.

Recevez, cher Monsieur Chevreau, mes salutations.
Paul Deheuvels, Président de l’AQVBLR

L’association AQVBLR a aussi envoyé ce document à tous les conseillers municipaux de la ville de Bourg-la-Reine

Lettre conseillers municipaux de la ville de Bourg-la-Reine -PLU-AQVBLR

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